À propos

Kô est un mot japonais signifiant l’éternité. Ce terme désigne également une figure géométrique dans le jeu de Go, lorsque les pierres noires et blanches s’interpénètrent en créant un équilibre et un espace commun. Processus dynamique, sinon vivant, car les deux joueurs peuvent alternativement reproduire la figure complémentaire, éternellement. On y retrouve l’idée du temps, du mouvement, de la polarité entre des principes complémentaires. L’esprit animant notre travail musical s’inspire de ces perspectives et s’articule ainsi autour de plusieurs axes:

Musique d’hier / Musique d’aujourd’hui

La première orientation de l’Ensemble Kô concerne l’importance de rester dans la création et de se situer ainsi dans l’héritage de la musique contemporaine de tous les temps, et de comprendre la musique du passé comme la musique contemporaine d’une autre époque, ce qui la sort d’un possible musée. Clément Janequin côtoie ainsi Arvo Pärt, Claudio Monteverdi, de son côté, fait écho à Maurice Ravel, et François-Hugues Leclair voisine William Byrd… C’est cet esprit de créer également un lien avec la relève qui nous amène à créer en concert des pièces chorales d’étudiants en composition, en particulier ceux de la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Cette attention à la musique de notre temps et de notre pays témoigne d’un désir de s’inscrire dans notre époque, comme l’ont toujours naturellement fait les interprètes.

Musique sacrée / Musique profane

Depuis l’aube de la musique vocale, ces deux dimensions, loin d’être isolées, coexistent et s’enrichissent l’une l’autre comme fondements d’un répertoire choral immense, le plus vaste en fait de tout le domaine musical. Nous souhaitons faire se rencontrer des œuvres témoignant de ces deux natures de l’être, charnelle et spirituelle, en interaction dynamique. Chanter n’est-il pas essentiellement un acte physique de nature spirituelle ? Nous nous inscrivons ainsi dans la perspective d’une pratique musicale permettant une libre circulation entre ces deux espaces. Demeure ensuite la question du contexte dans lequel une œuvre est donnée (une messe de Noël, une journée de la culture, un concert avec orchestre …) mais la musique, elle, est toujours une.

Tradition chorale / Exploration musicale

Tout en s’inscrivant dans la tradition du chant a cappella – qui remonte à la nuit des temps – Kô renouvelle par ailleurs les contextes de production et de diffusion de la musique vocale : en intégrant dans ses concerts des regards croisés avec des instrumentistes (trio à cordes, orgue, flûte/saxophone, violoncelle …) et/ou en intégrant la sonorité du chœur aux instruments dans des arrangements inédits (orchestre à cordes, flûtes à bec, percussions …) ; en inscrivant la prestation en concert dans des mises en espace audacieuses et renouvelées, exploitant ainsi les possibilités acoustiques d’un lieu et explorant divers modes de rapprochement et d’éloignements dans l’espace par rapport au public ; en intégrant ce dernier dans la production sonore (percussion avec cailloux, respiration commune – conspiration ! – …), lui permettant de vivre ainsi une expérience plus globale que celle du spectateur en mode unique de réception ; en s’inscrivant dans des événements culturels plus larges auxquels participent des artistes d’autres disciplines (vidéo, danse, arts visuels, poésie…) ; en participant à de nouveaux modes de diffusion électronique, afin d’élargir le concept du concert à des publics virtuels.